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Comment trouver un emploi au Japon: témoignage de Julie 1ère partie

 

Dans cette vidéo, nous allons voir quelques astuces pour trouver un emploi au Japon. J’ai demandé à Julie de venir pour parler de son expérience car elle a eu la chance de partir au Japon en août 2010. Je me suis dit que ça vous intéresserait d’avoir ses astuces et ses impressions sur le Japon.

 
Adriana: Bonjour Julie, dis-moi, pourquoi le Japon? 
 
Julie: Eh bien , j’apprenais le japonais depuis 2 ans et dans mon cours de japonais, une amie m’avait parlé d’un poste qui venait de se libérer au Japon. Je me suis dit, pourquoi pas!
 
Adriana: Et pourquoi apprendre le Japonais?
 
Julie: En fait, je suis fan du réalisateur japonais Hayao Miyazaki et que ça faisait longtemps que je regardais tous ces films en version originale sous-titré en français. A force de les regarder, j’ai commencé à apprendre des mots de japonais toute seule. Je me suis dit que ça n’avait pas l’air si compliqué que ça alors je me suis dit pourquoi pas prendre des cours de japonais.
 
Adriana: Est-ce que d’autres pays t’intéressaient ou il n’y avait que le Japon?
 
Julie: A ce moment là, j’avais même pas idée de repartir à l’étranger et c’est vraiment la suggestion de mon amie qui m’a donné l’idée et l’envie. Donc à ce moment là, il n’y avait que le Japon.
 
Adriana: Quand tu es partie là -bas, tu avais déjà un poste ou tu as cherché sur place?
 
Julie: Je suis partie parce que j’avais trouvé un poste avant. D’ailleurs, il me semble que tu ne peux pas au Japon obtenir un permis de travail sans avoir trouvé un poste avant.
 
Adriana: Combien de temps s’est écoulé, entre le moment où tu as eu l’idée, où tu as commencé tes recherches et où tu as trouvé un poste au Japon?
 
Julie: J’ai postulé en février, j’ai eu la réponse le 28 juin et je suis partie le 28 août au Japon. Donc en quelques mois, c’était fait.
 
Adriana: C’est vrai que c’est un peu particulier pour toi car tu travailles pour l’éducation nationale en France.
 
Julie: Oui, je suis institutrice donc les contrats se font forcément d’une année scolaire à une autre, de septembre  à septembre de l’année suivante. Donc, j’ai eu la réponse positive du Lycée Français au Japon le 28 juin. J’ai fait ma demande de disponibilité juste avant la fermeture de l’inspection académique prévue le 10 juillet. Puis, je suis partie le 28 août au Japon pour pouvoir faire la rentrée début septembre. 
 
Adriana: Comment se sont passées les démarches? Comment ça se passe pour un instituteur pour trouver un emploi au Japon et en général à l’étranger?
 
Julie: ça se fait par voie interne. Il y a plusieurs démarches possibles. Dans mon cas, j’ai postulé pour un contrat local. Donc c’est le lycée là-bas qui recrutait et qui m’a embauché. Pour lancer la procédure d’obtention du permis de travail, le lycée m’a envoyé une lettre d’éligibilité qui est en quelque sorte une invitation. Je suis allée au consulat du Japon à Marseille, avec  cette lettre qui leur permet de lancer la procédure de permis de travail.
 
Adriana: Est-ce qu’il y a beaucoup d’écoles françaises au Japon?
 
Julie: A ma connaissance, il n’y en a que 2 écoles officielles ou quasi officielles. La plus grande école est le Lycée Français International à Tokyo et moi j’ai été prise au Lycée Français de Kyoto. Il me semble qu’il y en a 2 autres mais qui sont totalement privées. Petite précision, quand on parle d’établissement scolaire français à l’étranger, ça s’appelle la plupart du temps “lycée” ou “collège” mais ça va en général de la maternelle à la terminale.
 
Adriana: Comment ça s’est passé au niveau de ta candidature, tes impressions concernant les échanges que tu as eus avec le lycée? D’ailleurs, c’était des interlocuteurs français qui géraient les candidatures à Kyoto?
 
Julie: Comme ce sont des lycées français, la majorité des salariés sont français. A part la secrétaire et le professeur de japonais qui étaient japonais, tous les autres étaient français.
En quelques mots, j’ai postulé au lycée de Kyoto pour un contrat local. Puis j”ai eu un entretien téléphonique avec eux avant d’avoir leur réponse par email. C’est pratique car vu la distance, c”était plus pratique que de s’y rendre. Et ensuite, les démarches ont pu commencer.
 
Adriana: L’entretien téléphonique s’est fait par téléphone “classique” ou par vidéoconférence comme skype par exemple?
 
Julie: Cette fois, c’était juste par téléphone. Par contre, je sais que ça arrive que certains établissements demandent un entretien via skype.
 
Adriana: Quels types de question ils t’ont posé pendant l’entretien téléphonique?
 
Julie: La conversation a été surtout sur la question du salaire car on n’avait pas du tout abordé  ce sujet avant et ils souhaitaient aussi vérifier que j’étais vraiment prête à partir au Japon, en particulier si j’étais prête avec ce salaire-là.
 
Adriana: Eh oui, je suppose que vu que c’était un contrat local, c’était moins avantageux que d’autres types de contrat.
 
Julie: Effectivement, dans l’éducation nationale, le contrat local est moins avantageux que le contrat de résident qui est pour une durée de 3 ans, le billet d’avion aller-retour est pris en charge et il y a une aide financière pour le logement. Alors que dans le cadre d’un contrat local, c’est que pour un an sans prise en charge du billet d’avion ni aide pour le logement. Ils m’ont juste donné des adresses pour trouver où me loger mais c’est tout. 
 
Adriana: Le coût de la vie est-il correct par rapport au salaire que tu avais en contrat local?
 
Julie: Le Japon est l’un des pays le plus cher du monde surtout au niveau du logement. Du coup, j’ai eu pour salaire l’équivalent de mon salaire français, plus une petite prime pour l’installation qui m’a clairement aidé à me loger sur place. En fait, toute la prime est partie dans le logement.
 
Adriana: D’ailleurs, ça a été facile pour toi de trouver un logement?
 
Julie: Oui, ça a été facile de trouver. Déjà le personnel du lycée m’avait donné de bons conseils et de bons contacts. C’était un organisme qui parlait anglais et ça aide beaucoup. Toutes les démarches ont été en anglais ainsi que les contrats.
 
Adriana: Du coup, pour quelqu’un qui ne parle pas anglais, ça peut être compliqué, non?
 
Julie:  Carrément! Je pense que le Japon n’est pas la destination idéale pour quelqu’un qui ne parle pas anglais car si on ne parle pas japonais et en plus on ne parle pas anglais, ça peut vite devenir très compliqué pour communiquer. Autant ce n’est pas forcément nécessaire de parler bien le japonais avant de partir – d’ailleurs c’était mon cas car 2 ans de cours de japonais,ça permet juste de parler de façon touristique – mais alors l’anglais est indispensable pour toutes les démarches sur place. Parler anglais, est un minimum requis.
 
Adriana: Je suis allée au Japon en 2008-2009 et à l’époque, j’avais eu du mal à communiquer avec les locaux par moment, surtout avec les taxis. Sans sa petite carte avec la destination écrite en japonais, c’était mission impossible d’arriver à sa destination.
 
Julie: En fait, c’est plus qu’un problème de langue. Les adresses au Japon sont très particulières: les adresses, en particulier les numéros, ont été attribuées en fonction de l’année de construction des bâtiments donc on peut très bien avoir le 1 à côté du 8 ou le 42 à côté du 7. Donc si on n’a pas l’adresse précise, c’est galère. En fait, soit le taxi connaît très bien le quartier et il sait où c’est, soit il faut aller se renseigner auprès d’un Koban, qui est un commissariat de quartier car eux ont les plans avec la répartition des numéros de rue. Donc l’exemple des adresses, c’est un cas à part.
Sinon, les japonais parlent un tout petit peu anglais. Je ne dis pas qu’ils parlent clairement anglais mais on peut se débrouiller avec ça. En plus, ils sont tellement serviables qu’ils vont tout faire pour comprendre ce que vous essayez de leur dire.
 
Adriana: Pour revenir au logement, tu m’as dit que le lycée t’avait donnée des contacts. Est-ce que c’était un organisme en particulier, des français vivant au Japon, des interprètes qui avaient l’habitude, des petites annonces?
 
Julie: C’était vraiment une petite société privée de location d’appartements dans la ville de Kyoto, qui étaient clairement adressés aux étrangers car le personnel parlait anglais et tous les contrats étaient rédigés en anglais.
 
Adriana: C’est sûr que c’est important de signer un contrat dans une langue que l’on comprend car on ne peux pas faire confiance à un traducteur à 100%.
 
Julie: Au début quand je suis partie, j’ai eu 3 mois de période d’essai donc j’ai pris une location uniquement pour cette durée au départ car c’était possible. Quand j’ai eu la confirmation qu’il me gardait, j’ai hésité à me tourner vers d’autres types d’organismes pour prendre un autre logement mais même si les tarifs auraient été plus attractifs, la barrière de la langue m’a freiné. Les contrats étaient en japonais et il aurait fallu faire confiance. Même si je pense qu’on peut faire confiance à un japonais, ça m’a freiné et je ne l’ai pas fait.
 
Adriana: Et pour s’installer, financièrement, ils demandent une caution comme en France, d’autres garanties?
 
Julie: Dans mon cas, ça a été particulier car je me suis adressée à une entreprise dédiée aux étrangers avec qui ils avaient l’habitude de traiter. Ils m’ont demandé une caution de 1000 yens  (10€ environ) et de mémoire, j’avais un mois de loyer à payer d’avance. C’est très peu car si on passe par des agences classiques japonaises, il faut payer une caution qui s’élève à trois mois de loyers. Il faut aussi payer un “pot de vin” au propriétaire de l’appartement. Autant on récupère la caution de 3 mois si tout va bien, autant on ne récupère pas le pot de vin versé au propriétaire. Ce pot de vin est officiel, ça fait partie des coutumes japonaises. Si tu ne le fais pas, c’est très mal vu. Don il y a la caution de 3 mois de loyers, les frais d’agence d’environ 1 à 2 mois de loyers, le pot de vin encore 1 à 2 mois de loyers. Donc au moment de rentrer dans l’appartement, on n’en est à pratiquement 6 mois de loyers d’avance dont 2 mois qu’on ne récupère pas à la fin car c’est pour le propriétaire. 
Alors ça se calcule. Si on reste sur une courte période, il vaut mieux passer par une agence comme moi où la caution est faible, les frais d’agence minimes et on récupère tout à la fin. 
J’ai payé un petit peu plus cher chaque mois mais j’ai tellement peu avancer d’argent au début que c’était plus intéressant.  Par contre, si on a l’intention de rester quasi définitivement ou sur une longue durée, ça peut valoir le coup de passer par ces agences classiques et payer ces 6 mois d’avance car le loyer mensuel est en général moins élevé.
 
Adriana: Au niveau de ta candidature, tu as du envoyé un CV, une lettre de motivation ou  un autre document?
 
Julie: Alors comme c’était pour un contrat local, j’ai été recruté par le lycée et je suis donc allée dans un premier temps sur le site web du lycée dans lequel était expliquée la procédure à suivre et les pièces demandées. Chaque établissement a un formulaire à remplir où il demande pleins de renseignements sur la carrière professionnelle. Dans mon cas vu que je travaille pour l’éducation nationale, les années de titularisation, les notes d’inspection, les derniers postes que j’ai eus. Une fois le formulaire complété, il faut fournir bien évidemment un CV et une lettre de motivation.
 
Adriana: Concernant le CV et la lettre de motivation, c’était différent ou pareil qu’en France?
 
Julie: Ils demandent les mêmes références qu’en France. C’était pareil. Par contre, il y avait une chose qui les intéressait c’était un bon niveau en anglais, si possible avoir un diplôme reconnu en anglais. Moi par exemple, j’ai une habilitation en anglais de l’éducation nationale. Ce qui les intéressait encore plus c’était d’avoir le diplôme FLE (Français, Langue Etrangère) qui permet d’apprendre le français à des non francophones. En effet, dans tous les établissements français à l’étranger, on a comme public, à la fois des enfants de couples français mais également des enfants de couples mixtes ou carrément de couples locaux. Et ces enfants de couples locaux ne sont pas toujours complètement francophones ou pas assez. Donc on leur propose des cours du soir de Français Langue Etrangère pour les aider. Si on a ce diplôme en plus, on les intéresse beaucoup parce qu’on complète un poste et parfois un deuxième. Donc en résumé, l’anglais et le Français Langue Etrangère sont clairement des atouts.
 
Vous pourrez lire la suite de cette interview dans quelques jours, dans un prochain article.
En n’attendant, n’hésitez pas à m’indiquer vos premières impressions dans les commentaires ci-dessous!
 
 

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